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Comment Pokémon GO contribue à faire livrer la pizza à temps par des robots
RobotiqueMIT Technology Review · 1 min de lecture

Comment Pokémon GO contribue à faire livrer la pizza à temps par des robots

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Niantic Spatial, spin-off d'intelligence artificielle issu de Niantic (créateur de Pokémon GO), exploite les données crowdsourcées de 500 millions de joueurs pour construire un modèle du monde capable de localiser un point avec une précision de quelques centimètres. La startup Coco Robotics, qui opère environ 1 000 robots livreurs dans des villes comme Los Angeles, Chicago et Helsinki, utilise cette technologie pour pallier les défaillances du GPS en milieu urbain dense, là où le signal peut dériver de 50 mètres. Avec plus de 500 000 livraisons effectuées à ce jour, Coco mise sur cette précision de localisation pour garantir des arrivées à l'heure exacte promise aux clients.

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Niantic Spatial utilise les images collectées massivement via Pokémon Go pour développer une technologie de positionnement visuel urbain. En partenariat avec Coco Robotics, cette technologie vise à améliorer la navigation des robots-livreurs de pizza en ville.

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Niantic Spatial, la société issue de la scission de l'éditeur de Pokémon Go, a annoncé le 10 mars 2025 un partenariat stratégique avec Coco Robotics, spécialiste des robots de livraison autonomes. L'annonce a suscité une vague de réactions en ligne, une partie du public découvrant que les données de géolocalisation collectées lors des sessions de jeu servaient désormais à alimenter des systèmes robotiques concrets. Cette évolution illustre une trajectoire logique pour Niantic Labs, fondée en 2010 au sein de Google par John Hanke avant de prendre son indépendance en 2015. La société a progressivement fait pivoter son modèle économique : aux revenus classiques du jeu vidéo s'est ajoutée une activité de développement de modèles géospatiaux et de réalité augmentée, portée par sa filiale Niantic Spatial. Ces modèles reposent précisément sur les données massives collectées via ses jeux, Pokémon Go, Ingress et Peridot. Le cœur technologique de ce partenariat est le Large Geospatial Model (LGM), dévoilé en 2024, qui alimente le Visual Position System (VPS) de l'entreprise. Ce système a été entraîné grâce aux milliards d'images géolocalisées partagées par les joueurs, à raison de 1 million de nouveaux points de localisation par semaine, pour un total déjà supérieur à 10 millions de points. En mars 2025, Niantic a vendu sa branche jeux à Scopely, permettant à Niantic Spatial de se lancer de façon indépendante avec 200 millions de dollars de revenus propres et 50 millions de dollars d'investissements apportés par Scopely. Ce partenariat avec Coco Robotics confirme que la robotique de livraison constitue un débouché industriel naturel pour les technologies de vision et de positionnement spatial. La capacité à comprendre précisément l'environnement réel, rue, trottoir, obstacles, est exactement ce dont ont besoin les robots autonomes, et c'est précisément ce que le VPS de Niantic Spatial est conçu à fournir. Une convergence qui donne une nouvelle dimension à chaque partie de chasse aux Pokémon jouée depuis 2016.

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Boston Dynamics, entreprise de robotique basée à Waltham dans le Massachusetts, illustre une transformation profonde dans la manière de concevoir l'autonomie des robots. Matt Malchano, vice-président logiciel de la société, rappelle qu'il y a environ quinze ans, l'objectif d'une équipe de recherche qu'il dirigeait se limitait à faire naviguer un robot d'un point A à un point B. Aujourd'hui, dit-il, l'autonomie recouvre un champ beaucoup plus vaste de tâches qu'un robot peut accomplir seul, sans intervention humaine constante. Cette évolution s'inscrit dans un contexte où des voitures robotisées circulent déjà sans conducteur dans plusieurs grandes villes et où des drones de livraison déposent des colis de manière entièrement autonome au domicile des clients. Cette montée en puissance de l'autonomie robotique pourrait, à terme, permettre à des robots polyvalents d'assister les humains non seulement dans les entrepôts et les usines, mais aussi potentiellement dans les foyers. Pour les entreprises, cela représenterait un changement majeur dans l'organisation du travail, avec des machines capables de gérer des séquences de tâches complexes plutôt que de simples opérations répétitives et isolées. Pour les travailleurs et les ménages, la perspective de robots capables d'assumer des missions variées ouvre autant d'opportunités de productivité que de questions sur l'avenir de certains emplois et sur l'acceptabilité de ces technologies au quotidien. Cette ambition n'est pas nouvelle, mais elle est désormais nourrie par les progrès récents de l'intelligence artificielle moderne, qui donnent aux robots une capacité de compréhension et de décision bien supérieure à celle d'il y a quinze ans. Le secteur attire des investissements massifs, se chiffrant en milliards de dollars, et de nombreux chercheurs spécialisés en robotique et en IA ont quitté le monde académique pour fonder leurs propres startups. Cette dynamique rappelle celle qui a permis l'essor des véhicules autonomes et des drones commerciaux, deux technologies longtemps jugées futuristes avant de devenir progressivement opérationnelles dans l'espace public.

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Richard Liu, fondateur et président de JD.com, l'un des plus grands groupes de commerce en ligne en Chine, a déclaré lors du forum des PDG de l'APEC à Shenzhen que ses 700 000 livreurs seraient "tôt ou tard" remplacés par des robots. Sans fixer de calendrier précis, Liu a été catégorique : "Ce seront assurément des robots qui livreront les colis." Des projets pilotes sont déjà en cours sur le territoire chinois, livraison de repas directement aux portes d'embarquement de l'aéroport de Shenzhen, réapprovisionnement de supérettes via les trains de banlieue, posant les jalons d'une transition qui s'annonce massive. Pour accompagner cette mutation, JD.com prévoit d'activer un réseau de 120 établissements de formation afin de reconvertir ses livreurs vers les métiers de maintenance robotique. L'enjeu social est colossal. En Chine, l'économie des petits boulots, la "gig economy", mobilise 320 millions de travailleurs, soit environ 40 % de l'emploi urbain du pays, selon le centre de recherche chinois sur les nouvelles formes de travail. Les livreurs constituent une part significative de cette population précaire. Liu assure vouloir éviter que ses employés se retrouvent "sans revenus, sans emploi", en misisant sur la demande en techniciens chargés d'entretenir les flottes de robots. Mais la promesse de reconversion reste fragile : la maintenance robotique requiert des compétences techniques éloignées du profil des livreurs actuels, et le nombre de postes créés sera mécaniquement inférieur à celui des emplois supprimés. Ce mouvement dépasse largement les frontières chinoises. Amazon travaille depuis des années sur la livraison autonome : en 2019, le groupe américain testait déjà ses robots Scout dans un quartier de Seattle, et en mars dernier il a acquis Rivr, une startup suisse issue du laboratoire de robotique de l'ETH de Zurich, spécialisée dans le "dernier kilomètre" entre camion et client. Selon une enquête du New York Times publiée en octobre, Amazon vise à automatiser 75 % de ses opérations en entrepôt, ce qui lui permettrait d'éviter 600 000 nouvelles embauches d'ici 2033. La convergence entre les ambitions de JD.com et celles d'Amazon dessine une recomposition profonde de la logistique mondiale, où la question n'est plus de savoir si les robots remplaceront les livreurs humains, mais à quelle vitesse les régulations sociales et les dispositifs de reconversion parviendront, ou échoueront, à absorber le choc.

UELa tendance à l'automatisation de la logistique du dernier kilomètre menace également les travailleurs européens, d'autant qu'Amazon a récemment acquis Rivr, une startup suisse issue de l'ETH Zurich, accélérant son déploiement robotique en Europe.

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