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Sam Altman fragilisé par une enquête explosive du New Yorker au pire moment pour OpenAI

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Ronan Farrow et Andrew Marantz ont publié dans le New Yorker une enquête approfondie sur Sam Altman, présentée comme la dissection la plus documentée jamais réalisée sur le PDG d'OpenAI. Le texte paraît à un moment particulièrement délicat : OpenAI affiche une valorisation de 852 milliards de dollars, mais sa propre directrice financière a jugé une introduction en Bourse compromise pour l'année en cours, tandis que la croissance de l'entreprise montre des signes de ralentissement.

Le timing est stratégiquement désastreux pour OpenAI. Une enquête de cette envergure, signée par Ronan Farrow, journaliste connu pour ses révélations ayant contribué au mouvement #MeToo, amplifie les doutes des investisseurs institutionnels déjà préoccupés par la trajectoire financière de l'entreprise. Pour une société qui cherche à convaincre les marchés de sa solidité avant une éventuelle cotation, les révélations sur son dirigeant alimentent l'incertitude au pire moment, fragilisant la confiance indispensable à une opération de cette échelle.

OpenAI traverse depuis plusieurs mois une période de turbulences : départs de cadres clés, tensions internes sur la direction stratégique, et pression croissante des concurrents comme Google DeepMind, Anthropic ou les acteurs chinois tels que DeepSeek. Sam Altman, déjà brièvement évincé fin 2023 avant d'être rétabli dans ses fonctions, voit son autorité de nouveau mise en question. L'enquête du New Yorker pourrait accélérer les interrogations sur la gouvernance d'OpenAI et sur la capacité d'Altman à piloter une entreprise aux ambitions aussi colossales.

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Départs, réorganisation, portrait de Sam Altman, entrée en bourse : ça patine chez OpenAI
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OpenAI traverse une période de turbulences organisationnelles majeures. Fidji Simo, directrice générale des applications et numéro deux de l'entreprise, a annoncé fin mars un congé maladie forcé en raison du syndrome de tachycardie orthostatique posturale, diagnostiqué en 2019. Embauchée en mai 2025, l'ancienne PDG d'Instacart et ex-vice-présidente de Facebook avait en moins d'un an profondément recentré la stratégie d'OpenAI vers la génération de code et les services aux entreprises, au détriment de projets comme Sora ou le "mode adulte" de ChatGPT. Son départ temporaire entraîne une redistribution immédiate des responsabilités : le président Greg Brockman reprend sous sa direction le projet de "superapp" qui devait fusionner ChatGPT, Codex et le navigateur Atlas, tandis que Brad Lightcap, directeur des opérations, hérite des "projets spéciaux". Dans la foulée, Kate Rouch, directrice marketing depuis dix-huit mois, a également annoncé son retrait temporaire pour soigner un cancer. Ces départs simultanés tombent à un moment particulièrement délicat pour OpenAI, qui vient de boucler un tour de table colossal de 122 milliards de dollars et envisage une introduction en bourse à Wall Street en 2026. Selon The Information, des frictions existent entre la directrice financière Sarah Friar et Sam Altman sur le calendrier de l'IPO. Friar s'inquiète des procédures encore incomplètes, des risques liés aux engagements massifs en infrastructures serveurs, et d'une croissance des revenus qui tournerait en deçà des attentes. La marge brute 2025 aurait elle aussi déçu les investisseurs, rongée par des achats en urgence de capacités de calcul pour absorber une demande explosive. Détail révélateur de la complexité interne : Friar ne relevait pas de Sam Altman, comme le veut l'usage, mais directement de Fidji Simo, dont elle se retrouve désormais sans hiérarchie directe. Ce remue-ménage intervient dans un contexte où la gouvernance d'OpenAI est scrutée de près, en interne comme à l'extérieur. Un long portrait de Sam Altman publié ce week-end par The New Yorker, s'appuyant sur des témoignages et mémos internes, décrit un dirigeant habile et obsédé par la victoire, mais dont le style de management suscite des tensions répétées au sommet de l'organisation. OpenAI a connu en deux ans plusieurs crises de gouvernance majeures, dont le licenciement puis la réintégration d'Altman en novembre 2023. L'entreprise doit désormais prouver aux marchés et à ses investisseurs, dont SoftBank, Amazon et NVIDIA, qu'elle est capable de stabiliser son organisation avant de franchir le pas d'une cotation publique. La question n'est plus seulement technologique : c'est la maturité institutionnelle d'OpenAI qui est en jeu.

BusinessOpinion
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☕️ Suivant OpenAI, Google négocie pour faire une place à Gemini au Pentagone
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☕️ Suivant OpenAI, Google négocie pour faire une place à Gemini au Pentagone

Le Pentagone est en négociation avec Google pour intégrer Gemini, le modèle d'intelligence artificielle de l'entreprise, au sein du département de la Défense américain. Cameron Stanley, le responsable numérique du Pentagone, a confirmé ces discussions à CNBC, soulignant qu'il n'était « jamais bon de trop dépendre d'un seul fournisseur ». Cette démarche s'inscrit dans une séquence entamée en mars 2026 avec OpenAI, avec qui un premier accord avait déjà été conclu. Selon Stanley, l'utilisation de Gemini permettrait au Pentagone d'économiser « littéralement des milliers d'heures de travail chaque semaine ». Google, de son côté, affirme faire partie d'un « vaste consortium » fournissant déjà des services au service de la sécurité nationale américaine. Cette orientation vers Google et OpenAI intervient directement après le bras de fer entre le Pentagone et Anthropic. La startup avait été qualifiée de « fournisseur à risque pour la sécurité nationale », une désignation qui l'empêche de collaborer avec le département de la Défense. La justice américaine vient de rejeter l'appel d'Anthropic contre cette qualification. Face à ce vide, le Pentagone diversifie ses fournisseurs d'IA, ce qui représente un signal fort pour toute l'industrie : le marché de la défense américaine, massif et stratégique, devient un terrain de compétition direct entre les grands acteurs de l'IA. L'enjeu ne se limite pas aux contrats eux-mêmes, mais au positionnement géopolitique et technologique que ces partenariats impliquent. Ces accords suscitent néanmoins des résistances internes significatives. Chez OpenAI, le contrat avec le Pentagone avait provoqué des tensions jusqu'à la démission de Caitlin Kalinowski, responsable de la branche robotique. Chez Google, plus de 600 employés, dont une part importante travaille au DeepMind AI lab qui développe Gemini, ont adressé une lettre ouverte au PDG Sundar Pichai pour s'y opposer. Ils y dénoncent un risque d'usage militaire opaque : « La seule façon de garantir que Google ne soit pas associé à de tels préjudices est de refuser tout contrat classifié », écrivent-ils, évoquant explicitement les armes autonomes létales et la surveillance de masse. Cette fracture entre direction et ingénieurs reflète une tension structurelle croissante dans le secteur : à mesure que l'IA devient un outil militaire de premier plan, les entreprises technologiques se trouvent contraintes de choisir entre croissance commerciale et éthique de leurs équipes.

UELa consolidation du marché de l'IA militaire américaine autour de quelques acteurs majeurs renforce l'urgence pour l'Europe de développer des capacités d'IA souveraine dans le domaine de la défense, afin de réduire sa dépendance aux plateformes extraeuropéennes.

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Musk vs. Altman, semaine 2 : OpenAI riposte et Shivon Zilis révèle une tentative de débauchage
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Musk vs. Altman, semaine 2 : OpenAI riposte et Shivon Zilis révèle une tentative de débauchage

La deuxième semaine du procès opposant Elon Musk à OpenAI a mis en lumière les contradictions profondes entre les deux camps. Greg Brockman, président et cofondateur d'OpenAI, est monté à la barre en costume bleu, calme mais tendu sous l'interrogatoire de l'avocat de Musk, Steven Molo. Il a contredit point par point la version de Musk, qui avait affirmé la semaine précédente avoir donné 38 millions de dollars à une organisation promise à rester à but non lucratif, avant de se faire flouer par une restructuration en faveur des actionnaires. Brockman a rappelé qu'en 2017, après qu'un modèle d'OpenAI eut battu les meilleurs joueurs mondiaux au jeu vidéo Dota 2, Musk lui-même avait écrit dans un email que c'était "le moment de passer à l'étape suivante" et de créer une entité commerciale. Lors des semaines suivantes, Musk aurait réclamé une participation majoritaire au capital, le droit de nommer la majorité du conseil d'administration, et le poste de PDG. Shivon Zilis, ancienne membre du conseil d'OpenAI et mère de quatre enfants de Musk, a également témoigné : selon elle, Musk avait tenté de recruter Sam Altman pour diriger un nouveau laboratoire d'IA chez Tesla. Les enjeux financiers et juridiques du procès sont considérables. Musk réclame jusqu'à 134 milliards de dollars de dommages et intérêts à OpenAI et à Microsoft, principal investisseur de la société, et demande au tribunal d'écarter Altman et Brockman de leurs fonctions ainsi d'annuler la récente transformation de la filiale commerciale en "public benefit corporation". Une victoire de Musk pourrait faire dérailler l'introduction en bourse d'OpenAI, dont la valorisation approche 1 000 milliards de dollars. Deux jours avant l'ouverture du procès, Musk avait envoyé un message à Brockman pour évoquer un accord amiable ; quand Brockman proposa que chaque partie abandonne ses poursuites, Musk répondit : "D'ici la fin de la semaine, toi et Sam serez les hommes les plus haïs d'Amérique." Le procès s'inscrit dans une rivalité commerciale directe entre les deux hommes. Musk a quitté le conseil d'OpenAI en 2018, avant de fonder xAI en 2023, désormais intégré à SpaceX, avec une valorisation cible de 1 750 milliards de dollars en vue d'une entrée en bourse dès juin prochain. OpenAI soutient que la plainte n'est pas motivée par la défense d'une mission humaniste, mais par la volonté de nuire à un concurrent direct. Cette lecture est renforcée par les révélations sur la tentative de débauchage d'Altman vers Tesla. Le jury devra trancher entre deux récits incompatibles de la genèse d'une des entreprises les plus influentes du monde, alors que la course à l'intelligence artificielle générale s'accélère et que ses implications économiques, éthiques et géopolitiques n'ont jamais été aussi lourdes.

UESi le procès aboutit à une injonction bloquant l'introduction en bourse d'OpenAI ou à l'éviction de sa direction, les entreprises européennes dépendantes des APIs OpenAI pourraient subir une instabilité majeure de leur fournisseur d'IA générative le plus utilisé.

💬 Le témoignage de Shivon Zilis change tout : si Musk voulait recruter Altman pour Tesla, c'est qu'il voyait dans OpenAI une ressource à capturer, pas une cause à défendre. Le reste, les 134 milliards, les discours sur la mission humaniste, c'est du bruit. Le portrait qui se dessine, c'est celui d'un fondateur éjecté qui préfère brûler la maison plutôt que voir quelqu'un d'autre y habiter.

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OpenAI met en pause pour une durée indéterminée la sortie de sa version adulte de ChatGPT
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OpenAI met en pause pour une durée indéterminée la sortie de sa version adulte de ChatGPT

OpenAI a annoncé la suspension « pour une durée indéterminée » de son projet de version pornographique de ChatGPT, quelques jours seulement après un premier report annoncé début mars 2026. Le Financial Times révèle que la décision intervient dans un contexte de pression intense, tant en interne que de la part des investisseurs. Sam Altman avait pourtant défendu publiquement ce projet en octobre dernier, promettant de « traiter les utilisateurs adultes comme des adultes » via un mode explicite accessible après vérification de l'âge — une approche similaire à celle adoptée par Elon Musk pour son IA Grok. L'entreprise justifie aujourd'hui cette mise en pause par la nécessité de mener d'abord « des recherches à long terme » sur les effets des conversations à caractère sexuel explicite et sur l'attachement affectif aux chatbots, faute de « preuve empirique » disponible sur ces questions. L'abandon du projet illustre les multiples fronts sur lesquels OpenAI se retrouvait exposée. En interne, un comité d'experts avait été constitué le jour même où Altman avait exprimé sa volonté de lancer ce mode adulte — et s'y était unanimement opposé, rejoint par des salariés critiques. Côté investisseurs, les inquiétudes portaient à la fois sur les risques juridiques et réputationnels du projet, et sur son faible potentiel de croissance commerciale. Sur le plan technique, OpenAI peinait à fiabiliser son outil de vérification de l'âge : selon les données disponibles, il classait encore récemment 12 % des mineurs comme des adultes, exposant l'entreprise à des risques sérieux de poursuites autour de l'accès de mineurs à du contenu explicite — une problématique déjà observée avec les deepfakes générés par Grok représentant des femmes, parfois mineures, dénudées sans leur consentement. Cette décision s'inscrit dans un repositionnement stratégique plus large d'OpenAI, sous pression concurrentielle croissante d'Anthropic. Une semaine plus tôt, le Wall Street Journal rapportait qu'OpenAI allait tailler dans ses projets secondaires pour se recentrer sur son cœur de métier. Fidji Simo, responsable des applications de l'entreprise, aurait exhorté ses équipes à ne pas « laisser passer cette occasion » à cause de « distractions », en ciblant explicitement l'amélioration de la productivité professionnelle — un terrain sur lequel Anthropic s'est imposé avec des outils comme Claude Code. La suspension du mode adulte, annoncée la même semaine que l'abandon de Sora 2, confirme que Sam Altman opère un recentrage sous contrainte : moins d'expérimentations grand public controversées, plus de focus sur les usages entreprise où se jouent désormais les parts de marché décisives.

UEL'abandon du mode adulte de ChatGPT illustre les enjeux de conformité que les plateformes IA devront anticiper en Europe, où l'AI Act impose des obligations strictes de vérification d'âge et de protection des mineurs pour les contenus explicites générés par IA.

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